Notes-de-programme

NOTES DE PROGRAMME

 

Like a Feather in the Water

Samuel Pascal (1986 –     )

Ce poème symphonique a été composé à la demande de l’orchestre à vents de la Marine du Portugal à l’occasion du 50e anniversaire du voilier N. R. P Sagres de la Marine portugaise. Le compositeur a navigué sur le vaisseau durant une mission de Lisbonne aux Açores et il décrit ses expériences dans cette pièce. Le mal de mer, la démarche instable, les dauphins et  les baleines qu’il a vus. Et, à son retour, la mer déchaînée, les tempêtes, les vagues énormes et les voiles déchirées. Au milieu des splendeurs de la marine, nous entendons des bribes de la marche et de l’hymne de la Marine portugaise.

Cap sur la mer et la Cage à requins (Out to Sea and The Shark Cage Fugue)

John Williams (1932 -     )

John Williams est surtout connu pour ses musiques de films. Son œuvre la plus célèbre demeure la musique de la saga Star Wars. Compositeur attitré de Steven Spielberg et de George Lucas, Williams a composé au cours d’une carrière qui s’étend sur près de soixante ans, un grand nombre des plus célèbres musiques de films de l’histoire d’Hollywood, notamment Les Dents de la mer, les sagas Star Wars et Indiana Jones, Superman, E.T. l’extra-terrestre, Jurassic Park et les trois premiers films de la saga Harry Potter. Il a également composé la musique de quatre Jeux olympiques, de la cérémonie d’investiture du président Barack Obama et de nombreuses séries télévisées.

Williams a remporté cinq fois l’oscar de la meilleure musique, mais aussi quatre Golden Globes, sept prix de la British Academy of Film and Television Arts et 21 prix Grammy. Avec 49 nominations aux Oscars, Williams est la deuxième personne la plus souvent mise en nomination après Walt Disney. Williams a également composé de nombreuses œuvres « classiques » à la demande des plus grands orchestres et il a lui-même dirigé l’orchestre des Boston Pops de 1980 à 1993.

En parlant de sa superproduction de 1975 Les Dents de la mer, le réalisateur Steven Spielberg déclare que la musique de John Williams « était nettement responsable de la moitié du succès du film ». Cette suite tirée du film présente deux séquences musicales signatures du film. Dans Cap sur la mer, le trio de chasseurs de requins mené par le chef de police Martin Brody (joué par Roy Scheider) met le cap sur l’océan afin de débusquer la bête menaçante. La séquence est suivie par la Fugue de la cage à requins, un accompagnement élaboré d’inspiration classique d’une scène sous-marine tendue au cours de laquelle Hooper (interprété par Richard Dreyfuss) arrive face à face avec le grand requin blanc dans une cage suspendue par trop fragile.

 

La Cathédrale engloutie (The Englufed Cathedral)

Claude Debussy (1862 - 1918)

Claude Debussy est un compositeur français, né le 22 août 1862 à Saint-Germain-en-Laye et décédé le 25 mars 1918 à Paris.

En posant en 1894 avec son Prélude à l’après-midi d’un faune le premier jalon de la musique moderne, Debussy place d’emblée son œuvre sous le sceau de l’avant-garde musicale. Il est brièvement wagnérien en 1889, puis anticonformiste le reste de sa vie, en rejetant tous les académismes esthétiques. Avec La Mer, il renouvelle la forme symphonique; avec Jeux, il inscrit la musique pour ballet dans un modernisme prophétique; avec Pelléas et Mélisande, l’opéra français sort des ornières de la tradition du drame lyrique, tandis qu’il confère à la musique de chambre, avec son quatuor à cordes et son trio, des accents impressionnistes inspirés.

Une part importante de son œuvre est écrite pour le piano (la plus vaste de la musique française avec celle de Gabriel Fauré) et utilise une palette sonore particulièrement riche et évocatrice. Claude Debussy laisse l’image d’un créateur original et profond d’une musique où souffle le vent de la liberté. Son impact sera décisif dans l’histoire de la musique. Pour certains critiques, il incarnerait la véritable révolution musicale du vingtième siècle.

La cathédrale engloutie est un prélude écrit par Debussy pour piano solo. Il a été publié en 1910 en tant que dixième prélude du premier des deux volumes de douze préludes pour piano de Debussy. Il est caractéristique du style de Debussy dans sa structure harmonique et dans son déroulement non linéaire.

La cathédrale engloutie fait référence à la ville légendaire d’Ys, censée avoir été construite dans la baie de Douarnenez en Bretagne, puis engloutie par l’océan. Le prélude évoque l’apparition de l’église, au moment où la marée descend. Les cloches se font entendre, puis le monument est à nouveau englouti. 

 

Marins et baleines (Of Sailors and Whales)

Francis McBeth (1933 – 2012)

Compositeurs américain prolifique, William Francis McBeth a écrit pour orchestre à vents des œuvres hautement respectées. La popularité de ses œuvres aux États-Unis durant le seconde moitié du 20e siècle lui ont valu de nombreuses invitations et prestations comme chef invité, où il était souvent appelé à diriger les premières exécutions publiques de certaines de ses compositions, la majorité d’entre elles étant des œuvres de commande. Ses activités de chef d’orchestre l’ont conduit dans les 48 états américains, trois provinces canadiennes, le Japon et l’Australie. De 1957 jusqu’à sa retraite, McBeth a enseigné à l’Université baptiste en Arkansas.

Ce poème tonal est basé sur cinq scènes tirées de l’œuvre d’Herman Melville, Moby Dick. Cette œuvre sur commande a été créée en 1990, sous la direction du compositeur et est dédiée à un capitaine de frégate à la retraite de la Marine américaine, qui a débuté comme simple marin. L’auteur a fourni des notes pour chaque mouvement :

I. Ishmael - « Je m’engage en mer comme un simple marin. »

II. Queequeg - « Il était très évident que ce devait être un abominable sauvage, mais Queequeg était une créature à l’état transitoire – ni bélier mécanique ni papillon. »

III. Father Mapple - « Cela s’est terminé, dans les tons solennels prolongés, comme le tintement continu d’une cloche sur un navire qui sombre en mer dans le brouillard – c’est dans de tels tons qu’il a entrepris de lire l’hymne suivant; mais, changeant soudain sa manière dans les dernières strophes, il surgit avec une exultation joyeuse et carillonnante. »

Les membrures terrifiantes de la baleine faisaient pencher sur moi une funeste obscurité
Pendant que roulaient les flots sous le soleil de Dieu, m’élevant et m’abaissant, tel mon destin.
Dans ma noire détresse, j’ai appelé mon Dieu qu’à peine je croyais mien,
Il a prêté l’oreille à ma plainte, plus jamais la baleine ne m’emprisonna.
Mes chants à jamais consigneront cette heure terrible et joyeuse à la fois,
Je rends gloire à Dieu, à sa miséricorde et sa puissance.
 

IV. Achab - « Je fus si puissamment frappé par l’aspect sinistre tout entier d’Achab que pendant les tout premiers instants j’ai à peine remarqué la jambe blanche barbare sur laquelle il se tenait partiellement. »

V. La baleine blanche - « Moby Dick semblait possédé par tous les anges réunis tombés du ciel. Les oiseaux! – les oiseaux! Ce sont eux qui marquent l’endroit. »

 

Odyssée sur l’Atlantique (Atlantic Odyssey)

Philip Sparke (1951 –     )

Né en 1951 à Londres, Philip Sparke étudie la composition, la trompette et le piano au célèbre Collège royal de musique de Londres. Durant ses études, il commence à s’intéresser aux formations à vent. Il intègre l’Orchestre d’harmonie du Collège royal de musique, forme un ensemble de cuivres avec d’autres étudiants et compose plusieurs pièces dont deux seront publiées : Concert Prelude pour cuivres et Gaudium pour orchestre d’harmonie. Sa musique suscite alors un intérêt grandissant et plusieurs commandes lui parviennent. Sa première commande importante est une œuvre pour un concours d’ensembles de cuivres en Nouvelle-Zélande. Il compose pour cette occasion The Land of the Long White Cloud. D’autres commandes lui sont adressées par des orchestres à vents, par différentes fédérations d’orchestres et par la BBC, pour laquelle il remportera trois fois le concours pour orchestres d’harmonie de l’Union européenne de radio-télévision. Aujourd’hui, les œuvres de Philip Sparke figurent régulièrement au programme des concours d’ensembles de cuivres du monde entier. Très présent dans le domaine de la musique pour orchestre à vents au Japon, Philip Sparke compose une œuvre de commande (Celebration) pour l’Orchestre à vents Tokyo Kosei, qui enregistrera par la suite plusieurs de ses compositions, contribuant ainsi à une diffusion mondiale de sa musique pour orchestre à vents. De nombreuses autres commandes lui parviennent alors, notamment des États-Unis. En 1996, il écrit Dance Movements, une œuvre de commande pour l’orchestre à vents de l’US Air Force, qui sera récompensée du prestigieux Prix international de composition Sudler en 1997. En 2005, sa composition Music of the Spheres est lauréate du Prix du concours de composition organisé par l’Association américaine des orchestres à vents. Parallèlement à sa carrière de compositeur, ses activités de chef d’orchestre et de membre du jury le conduisent à travers la plupart des pays d’Europe, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Japon et aux États-Unis. Depuis mai 2000, Philip Sparke publie ses compositions sous son propre label, Anglo Music Press.

Œuvre de commande, Odyssée sur l’Atlantique a été créée en juin 2010. L’œuvre comprend deux mouvements et cherche à illustrer un voyage imaginaire en yacht sur la côte est des États-Unis. Le premier mouvement, intitulé Lever de soleil sur la mer : l’océan s’éveille, s’ouvre sur un portrait d’atmosphère de l’aube sur la mer. Flottant à la surface, les bois s’élèvent au-dessus de la houle des cuivres jusqu’à un point culminant qui annonce le lever du soleil. La lumière du jour révèle des horizons distants et la perspective d’un voyage calme, mais la mer n’est jamais domptée et une brise légère soulève les embruns autour du voilier jusqu’à ce que des vagues secouent le bateau de façon alarmante. Mais bientôt la mer se calme à nouveau et l’excursion se poursuit dans la sérénité.

Le second mouvement, Sur le chemin du retour et embruns, nous voit sur le chemin du retour, le voilier voguant calmement à travers les douces ondulations dans de parfaites conditions de navigation. Mais à nouveau les conditions changent, une forte brise vient gonfler les voiles et, pour un moment, nous sommes à nouveau à la merci du vent et des vagues. Un moment de calme survient, mais nous sommes soudainement arrosés par les embruns alors qu’un coup de vent s’élève. Le bateau menace de chavirer, mais nous manœuvrons pour réduire la voile et prenons avantage des forts vents pour profiter d’un grisant retour à bon port.

 

Les horizons bleus (Blue Horizons)

Franco Cesarini (1961 –     )

Musicien suisse, diplômé du Conservatoire Giuseppe Verdi de Milan et du Conservatoire de Bâle, Franco Cesarini est lauréat de plusieurs concours en tant que chambriste et soliste. Boursier de la Fondation Migros, il est nommé professeur au Conservatoire de Zurich en 1989 et, depuis 2001, il est en charge de la classe de composition à l’Institut supérieur européen de musique pour orchestre à vents, à Trente, en Italie, en plus d’enseigner au Conservatoire de la Suisse italienne, à Lugano, et à la Southeast Missouri State University à titre de compositeur en résidence.

Compositeur versatile, il écrit pour orchestres d’harmonie, ensembles de chambre, voix, instruments solos, quatuors à cordes et orchestres symphoniques. Titulaire de nombreux prix, dont le prix de composition Pro Helvetia, il est souvent invité comme membre de jury lors de compétitions nationales et internationales et comme chef invité.

Œuvre en trois mouvements qui s’enchaînent sans interruption, Les horizons bleusdépeignent l’univers de la mer et les créatures marines. Le premier mouvement, Créatures luminescentes, décrit l’univers marin à mille mètres de profondeur, un monde sans lumière qui ressemble à une tache d’encre. Pour capturer de rares proies en ces eaux obscures, ces créatures abyssales se servent d’organes luminescents. Le deuxième mouvement, LeLéviathan contre le Kraken, relate le combat meurtrier qui oppose les deux plus puissants prédateurs marins, le cachalot et la pieuvre géante. Le cachalot et la pieuvre géante s’engagent dans des combats titanesques. Le cachalot peut plonger pendant deux heures à 3000 mètres de profondeur pour se nourrir de ces pieuvres géantes. Pour se défendre, celles-ci lui infligent de cruelles blessures avec leurs ventouses, laissant des cicatrices sur la peau. Le titre du troisième mouvement, La Baleine bleue, se réfère à la magnifique baleine bleue, la plus grande créature vivante sur terre. Un jeu de mot sur le terme « bleu » fait référence aux dangers qu’affrontent constamment les océans et leurs habitants face aux déchets biologiques et industriels qui sont rejetés dans la mer. Ces déchets contiennent des substances chimiques qui peuvent altérer ou briser la chaîne alimentaire. Entre 6000 et 14 000 baleines bleues vivent encore dans les océans.  Dans ce mouvement, la musique est accompagnée de véritables chants des baleines.